Comment fonctionne la progression dans le tai-jitsu?
La ceinture est avant tout un accessoire vestimentaire destiné à fermer le judo-gi et à permettre des prises particulières (kumi-kata). "Grader" n'est en aucun cas une fin en soi ni une recherche absolue.
Un passage de ceinture réussi atteste d'une certaine compétence à un moment donné. Une ceinture ne peut être retirée, même si, en fonction de l'évolution personnelle, le niveau de tai-jitsu d'un pratiquant régresse momentanément ou définitivement, par exemple suite à une blessure.
Les principes généraux suivants président aux passages de ceinture:
- Les examens de tai-jitsu sont cumulatifs. Cela signifie que les candidats sont "interrogés" sur le programme de la ceinture à laquelle ils aspirent et doivent démontrer leur maîtrise de tous les programmes inférieurs. En principe, toutes les techniques sont demandées et l'on procédera exceptionnellement par sondage.
- Le coeur de l'examen consiste en la résolution de situations d'agression (saisie, étranglement, etc.). Il est donc possible que deux pratiquants se présentant pour la même ceinture n'exécutent pas exactement les mêmes enchaînements. En effet, le tai-jitsu postule que, dans un cas de self-défense, on privilégiera une réponse en accord avec nos capacités physiques, techniques et mentales, de même qu'avec les caractéristiques de l'adversaire et de l'environnement. Il serait illogique de demander à une personne de petite taille d'exécuter un enchaînement dont le succès repose sur l'allonge, par exemple. Plus on avancera dans la maîtrise du tai-jitsu, plus on demandera au candidat de variantes différentes pour résoudre une même situation. On lui imposera même de présenter des enchaînements basés essentiellement sur des techniques soit de projection, soit de clés ou de frappes. On mesurera donc ainsi l'étendue et la qualité de sa "bibliothèque" de réponses, sans toutefois imposer des enchaînements standardisés. Cette partie, suivant le niveau, peut être demandée sous forme de démonstration ou de randori.
- Il y a évidemment dans un examen certaines parties obligatoires, à savoir des techniques précises à démontrer. Il s'agit ici de vérifier la maîtrise de techniques, prises individuellement et de manière didactique. Il y a également quelques katas, essentiellement d'esquive, de respiration et de clés.
- A partir d'un certain niveau, un examen écrit est demandé au candidat. Il vise à vérifier la compréhension des concepts sous-tendant le tai-jitsu ainsi que de la terminologie en vigueur.
- Enfin, les compétences morales et psychologiques font également partie intégrante des exigences.
En principe, chaque tai-jitsuka est en mesure de fonctionner comme expert lors d'un passage de ceinture en vue de l'obtention du grade inférieur au sien. Une ceinture marron peut, par exemple, fonctionner comme expert pour un passage de ceinture bleue.
Les sessions d'examen sont organisées lors de stages communs entre les dojos de l'Ecole suisse de tai-jitsu, ceci afin de garantir l'uniformité des niveaux et l'impartialité des évaluations.
En réalité, seule une confrontation réelle peut déterminer la valeur effective d'un combattant. Comme le tai-jitsuka cherche avant tout à pratiquer une désescalade de la violence et à éviter le combat, il se comporte autant que possible de manière pacifique: les ceintures ne donnent donc qu'une indication générale de son niveau.
Chaque tai-jitsuka peut être amené à conduire tout ou partie d'un entraînement, en fonction de son niveau. Pour diriger une école, le formateur doit avoir un niveau de ceinture noire et démontrer des qualités de formateur. La création de l'école doit être validée par le responsable technique, M. Alexandre Boulgak et cette décision entérinée par Maître jean-Pierre Clément.
Dernière mise à jour de cette rubrique le 27/11/2007